Comparer deux diasporas, c’est facile de tomber dans les raccourcis. Les chiffres de la Banque mondiale montrent pourtant un écart réel entre le Maroc et l’Algérie, à condition de bien comprendre ce qu’ils mesurent.
C’est quoi cet écart de 10,7 fois ?
En 2025, les transferts personnels reçus de l’étranger représentaient 7,5 % du PIB marocain, contre seulement 0,7 % en Algérie. Rapporté à la taille de chaque économie, le poids des transferts pèse donc environ 10,7 fois plus au Maroc.
Ce que ça change concrètement
En valeur absolue aussi, l’écart est net : en 2024, le Maroc a reçu environ 12,5 milliards de dollars de transferts, contre 1,8 milliard pour l’Algérie, soit près de sept fois plus. Ces fonds soutiennent les dépenses des ménages, l’éducation, le logement et les réserves en devises du pays. Une grande partie reste toutefois consacrée aux besoins familiaux plutôt qu’à l’investissement productif.
Une comparaison à ne pas surinterpréter
Ce ratio ne veut pas dire que la diaspora marocaine est dix fois plus nombreuse, ni que chaque MRE envoie dix fois plus d’argent qu’un Algérien : c’est une mesure de poids économique, pas de taille de population.


