Le Maroc franchit une étape majeure dans sa politique économique avec l’activation, pour la première fois, d’une Charte de l’investissement entièrement dédiée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). Cette évolution stratégique place les TPME — qui représentent 93 % du tissu entrepreneurial national et plus de 75 % des emplois formels — au cœur du développement économique, rompant avec une approche historiquement centrée sur les grands projets.
Cette nouveauté a été au centre d’une conférence du cycle Le Cercle des Éco, organisée par Horizon Press en partenariat avec Attijariwafa bank et le Centre régional d’investissement (CRI) Rabat-Salé-Kénitra. Les échanges ont réuni Hind Driouech (Attijariwafa bank), Meriem Zairi (CGEM) et Mohcine Benjelloun (CRI RSK), autour des enjeux, opportunités et défis de ce dispositif inédit.
La charte vise à corriger des déséquilibres structurels en facilitant l’accès des TPME à l’investissement. Elle introduit une simplification administrative poussée, avec des procédures digitalisées et standardisées, et confie aux CRI un rôle renforcé de guichet unique. Elle adopte également une approche territoriale différenciée, intégrant des incitations adaptées aux spécificités régionales afin de réduire les disparités territoriales.
Sur le plan financier, le dispositif se distingue par des primes pouvant atteindre 30 % du montant de l’investissement, sous forme de subventions directes, renforçant ainsi les fonds propres et la capacité d’investissement des entreprises. La charte impose par ailleurs des exigences claires en matière de création d’emplois stables et cible un large éventail de secteurs à fort potentiel.
Si l’ambition est saluée, les intervenants soulignent que la réussite du dispositif dépendra d’une mise en œuvre rigoureuse, équitable et accompagnée, afin de transformer durablement le tissu entrepreneurial national.


